Partie 2: L’intervention de l’État

Les instruments de l’intervention étatique

La politique monétaire

Photo éditée

De nos jours, l’argent représente un moyen indispensable à notre survie, toute chose étant égale par ailleurs. L'utilisation de l'argent comme monnaie fournit un support centralisé pour l'achat et la vente sur un marché. La monnaie a donné naissance à des systèmes économiques dont les autorités monétaires (tel que Bank Al-Maghrib) se basent pour contrôler et stabiliser les niveaux de prix via ce que l’on appelle la politique monétaire. On pose ainsi les questions suivantes : Quelle est la place de la monnaie dans l’économie et quelles sont ses fonctions, ses formes ? On entend quoi par la masse monétaire ? Quelles sont les organismes présentant  le système financier et monétaire du Maroc ? Qu’est-ce qu’une politique monétaire ? Et quels sont ses objectifs et instruments ?

La monnaie

La monnaie est une unité économique qui fonctionne comme un moyen d'échange généralement reconnu à des fins transactionnelles dans une économie. La monnaie fournit le service de réduction du coût des transactions, à savoir la double coïncidence des besoins

La monnaie, est une réserve de valeur, elle est une des formes de la richesse, un actif de patrimoine, qui présente la particularité de pouvoir à la fois être conservée et rester parfaitement liquide, c'est-à-dire de garder sa valeur et d'être immédiatement utilisable pour l'échange de biens et services. 

حيلة

Dans un système de troc, les deux parties ne peuvent échanger que si chacune désire ce que l'autre peut offrir. On appelle cela « la double coïncidence des besoins ».

Les fonctions de la monnaie

La monnaie se reconnaît aux fonctions qu’elle exerce au sein de l’économie, c.-à-d. à ses rapports avec les sujets économiques (L. Dupriez). On reconnaît traditionnellement que la monnaie remplit trois fonctions essentielles :

  • Intermédiaire des échanges (medium of exchange) ;
  • Unité de compte (unit of account) ;
  • Unité de réserve de valeur (store of value).

La monnaie est intermédiaire des échanges, elle facilite et accélère les échanges, elle agit alors par sa quantité et sa vitesse de circulation.

La monnaie est une unité de compte (unité de mesure et étalon de valeur), elle permet de mesurer et de comparer les biens. La monnaie permet donc la détermination d’une échelle générale des prix, c.-à-d. des rapports d’échanges comparables.

La monnaie est une réserve de valeur, elle peut être conservée (épargne ou thésaurisation), récupérée et échangée à l'avenir sans perdre de sa valeur. En fait, cette fonction est partagée avec de nombreux actifs.

Maintenant on pose la question : 

Pourquoi la monnaie est détenue par les agents économiques ?

En effet, l’économiste J.M. Keynes distingue 3 motifs poussant les agents économiques à détenir de la monnaie plutôt que de la consommer :

  • Le motif de transaction : fait référence au besoin d'argent liquide pour les transactions courantes des échanges personnels et commerciaux ;
  • Le motif de précaution : répond au besoin des agents économiques de se prémunir contre  l’imprévu, de saisir des opportunités d’achat à prix favorable ou de garder un avoir en valeur nominale immuable (stable) pour faire face à une obligation future stipulée (exprimée) en monnaie.
  • Le motif de spéculation : incite les agents économiques à opérer des arbitrages entre monnaie et titre avec l'objectif de réaliser des plus-values en capital sur les marchés financiers. L'individu peut en préférer garder son épargne sous forme monétaire (la monnaie est un actif non rémunéré mais sans risque) que placer cet argent en titre avec un risque de perte en capital.

Remarque : Les économistes notent parfois des fonctions supplémentaires de la monnaie, comme celle d'étalon de paiement différé (standard of deffered payment). Un "étalon de paiement différé" est un moyen acceptable de régler une dette - une unité dans laquelle les dettes sont libellées.

Les formes de la monnaie

Bref histoire :

La monnaie, sous une forme ou une autre - fait partie de l'histoire de l'humanité depuis au moins 3 000 ans. Avant cette période, les historiens s'accordent généralement à dire qu'un système de troc était sans doute utilisé. Au fil des siècles, un type de monnaie s'est lentement développé, impliquant des articles facilement échangeables comme les peaux d'animaux, le sel et les armes. Ces biens échangés servaient de moyen d'échange.

Par ailleurs, l'étude de l'évolution des différentes formes de la monnaie montre que celle-ci est sujette à un processus de dématérialisation, de la monnaie métallique à la monnaie papier, à la monnaie scripturale et enfin la monnaie électronique. On explicite les formes de monnaie :

  • La monnaie métallique : peut-être définie comme un certain poids de métal circulant sous forme de pièce ayant une valeur intrinsèque, c'est-à-dire la valeur du poids de métal dont elles sont formées. 
  • La monnaie divisionnaire : est constituée par des pièces ou monnaie métallique. Elle est appelée divisionnaire car les pièces représentées autrefois une fraction de l'unité monétaire.
  • La monnaie fiduciaire (ou papier) : elle correspond aux pièces métalliques modernes et aux billets. Les pièces métalliques modernes où monnaie divisionnaire ont une valeur faciale qui est sans rapport avec la valeur intrinsèque de la monnaie (c.-à-d. la valeur du métal contenu dans la pièce).
  • La monnaie scripturale : elle peut être définie comme la monnaie qui passe d’un compte bancaire à un autre, au lieu de circuler d’une main à une autre. elle est constituée par les dépôts à vue inscrits dans des comptes ouverts sur les registres des banques au nom de leurs clients et permet des règlements effectués par de simples jeux d'écritures.
  • La monnaie électronique : désigne la monnaie stockée électroniquement sur des systèmes électroniques et des bases de données numériques. Ce type de monnaie permet des échanges sans support papier.
Les formes actuelles de la monnaie:

Les agrégats monétaires

Les agrégats monétaires ou les agrégats de la masse monétaire désignent l'ensemble des moyens de paiement ou des règlements détenus par les agents non financiers d'un pays donné. On distingue trois agrégats composant la masse monétaires :

  • L’agrégat M1 :

C’est l’agrégat le plus liquide. Il regroupe les pièces et les billets en circulation et les dépôts à vue

  • L’agrégat M2 :

Il comprend en plus de M1, les comptes sur carnet auprès des banques, et les avoirs en comptes sur livrets auprès de la caisse d’épargne nationale (C.E.N).

  • L’agrégat M3 :

Il recense l’ensemble de l’agrégat M2, et les placements à terme émis par les banques auprès des entreprises et des particuliers, en l’occurrence : les comptes à terme, les bons à échéance fixe et les certificats de dépôts.

Données statistiques de l’agrégat M3 au Maroc en dernier trimestre (T4) de 2020

Les principales circulations monétaires au Maroc en dernier trimestre de 2020 est celles relatives à la monnaie fiduciaire et la monnaie scripturale avec une part dans la masse monétaire globale de 68,67% en T4 en 2020. 

Les placements à vue représentent 11.40% sur la même période précitée. Ensuite, les autres actifs monétaires tels que les dépôts à terme, les bons de caisses auprès des banques affiche un taux de 19.95%.

L’ensemble de ces actifs forment les composantes de la masse monétaire globale au Maroc (M1+M2+M3).

Les contreparties de la masse monétaire

Bon à savoir : On parle de création monétaire à chaque fois que le stock monétaire détenu par les agents non financiers augmente. Inversement une destruction monétaire se traduit par une diminution du stock de la monnaie. Il faut préciser que la création monétaire intervient lorsqu’une institution financière effectue une transaction avec un agent non financier. Les contreparties de la masse monétaire (M.M) représentent les sources de la création monétaire. On distingue :

  • Les créances sur l’économie : correspond aux financements consentis aux ménages et aux entreprises. Ces crédits donnent lieu à la création de la monnaie scripturale.
  • Les créances nettes des institutions de dépôt sur l’administration centrale : résultant de l’endettement étatique. Il s’agit notamment des opérations de crédit direct des banques à l’État et d’achat de titres négociables publics (bons de trésor) par ces mêmes agents financiers.
  •  Les créances nettes des institutions de dépôt sur les non-résidents : pendant une année, il y a des entrées et des sorties de devises qui ne sont pas égales. Si les entrées sont supérieures aux sorties, le solde est positif, ce qui signifie qu'il y a création de la monnaie fiduciaire par la Banque centrale.

ما يجب معرفته

Le système financier

Le financement d'une économie peut-être présenté comme le processus de transfert de capacité de financement vers les agents déficitaire qui dégage un besoin de financement.

La finance indirecte: le système bancaire marocain

La finance indirecte ou la finance intermédiée : les intermédiaires financiers (I.F) s'interposent entre les agents à besoin de financement et à ceux à capacité de financement. Les banques constituent la principale catégorie des I.F. Leur spécificité est d’émettre une dette monétaire en contrepartie de leur financement.

Cadre réglementaire des institutions financières au Maroc

Bank Al-Maghrib (BAM) :

Bank Al-Maghrib créée en 30 juin 1959, représente la Banque centrale du Maroc. Elle est désignée en tant qu’une une personne morale publique dotée de l'autonomie financière dont l’objet, les fonctions, les opérations ainsi que les modalités d'administration, de direction et de contrôle sont régis par la loi n° 73-06. Parmi les missions fondamentales de BAM :

  • Fabrication de la monnaie fiduciaire et préservation de sa sécurité ;
  • Élaboration et mise en œuvre de la politique monétaire ;
  • Gestion des réserves de change ;
  • Supervision du système bancaire ;
  • Sécurisation des systèmes et moyens de paiement ;
  •  L’élaboration et la publication des statistiques monétaires du pays ;
  •  La contribution au renforcement de la stabilité financière au niveau national et la préservation de la valeur du dirham.

Les établissements de crédits :

L'article premier du Dahir 14 février 2006 relative à l'exercice de l'activité des établissements de crédit et de leur contrôle, définit l’établissement de crédit comme suit : « est considérée comme établissement de crédit toute personne morale qui effectue à titre de profession habituelle l'une des opérations suivantes :

  • La réception de fonds du public ;
  • La distribution de crédits ;
  • La mise à la disposition de la clientèle de moyens de paiement ou leur gestion. »

Les organes de consultation : 

Le CNME

Le CEC

La CDEC

Le Conseil National de la Monnaie et de l’Épargne présidé par le Ministre des Finances. Le CNME est consulté sur toute question intéressant les orientations de la politique monétaire et du crédit et les moyens de sa mise en œuvre.

Le comité des établissements de crédit mène des études sur l’activité des établissements de crédit et sur leurs rapports avec la clientèle et l’information du public. Il peut émettre un avis relatif aux activités des établissements de crédit, notamment : 

  • L’octroi et le retrait de l’agrément des établissements de crédit ;
  • Les conditions de prise de participation des établissements de crédit dans le capital des entreprises

La Commission de discipline des établissements de crédits, son rôle est de construire les dossiers disciplinaires et de proposer des sanctions contre les établissements de crédit concernés. Il peut s’agir d’une interdiction ou d’une restriction d’exercice, de la nomination d’un administrateur provisoire ou d’un retrait d’agrément.

 

Les organes de coordination :

En vertu de l’article 25 de la loi n° 34-03 relative aux établissements de crédit et organismes assimilés, tout établissement est tenu d’adhérer à une association professionnelle :

  • Les banques et les banques offshores doivent intégrer le groupement des banques du Maroc  (G.P.B.M) ;
  • Les sociétés de financement sont tenues d’adhérer à l’association professionnelle des sociétés de financement  (A.P.S.F).
Approche quantitative du système bancaire marocain

Caractéristiques :

À l’heure actuelle, le paysage bancaire marocain compte 54 établissements de crédit, dont 34 sociétés de financement et 19 banques. Ces 19 banques sont : 

Al Barid Bank, Arab Bank, Attijariwafa Bank (AWB), Bank Al Amal, BMCE, BMCI, BCP, Crédit Agricole, CDG Capital, Crédit du Maroc, CF Markets, CIH, Citibank, FEC, La Caixa, Media Finance, Sabadell, SG et UMB.

Les banques marocaines innovent et offrent une gamme large et diversifiée de produits adaptés à tous les segments de clientèle (produits monétiques et télématiques, leasing, change, couverture, gestion d’actifs...) et les services financiers traditionnels tels que les crédits, les dépôts et le financement du commerce extérieur.

Sur le plan international, les banques marocaines ont continué leur développement en restructurant leur présence en Europe et en se positionnant à l’échelle régionale.

Enfin, l’amélioration de la compétitivité des institutions bancaires, la poursuite du renforcement du cadre réglementaire, l’élargissement de la couverture du système bancaire et la modernisation des systèmes de paiement sont les chantiers actuels engagés par le système bancaire marocain pour consolider sa modernisation et renforcer sa compétitivité.

Activité des établissements de crédit:

Il est à souligner que pour les banques marocaines les emplois sont constitués essentiellement de crédits à l'économie et à l'État et de ressources de dépôt à vue de la clientèle. Les fonds propres son d’un niveau bas.

La finance directe: marché des capitaux

Les épargnants financent directement les acteurs déficitaires en achetant les titres émis par ces derniers sur les marchés. À titre de rappel, le marché des capitaux est composé de deux marchés : le marché monétaire et le marché financier.

Le marché monétaire:

C’est un marché où des titres de court et moyen terme (1 jours à 1 an) s’échangent contre des liquidités. Le marché monétaire comprend :

  • Le marché interbancaire : C’est le marché réservé aux banques commerciales pour échanger leurs avoirs en compte auprès de la banque centrale ; les prêts sont à durée assez courte au jour le jour.
  • Le marché des TCN (Titres des créances négociables) : il est ouvert pour tous les agents pour échanger des TCN. Il s’agit des billets de trésorerie émis par les entreprises, les certificats de dépôts émis par les banques ainsi que les bons de trésor émis par l’état.
Le marché financier:

C’est un marché où se rencontrent l’offre et la demande de capitaux à long terme. Autrement dit, c’est un lieu où les investisseurs négocient des titres à long terme (plus d’un an) (tels que les actions, les obligations et les titres hybrides qui combinent certaines particularités des actions et des obligations) en contrepartie d’un prix appelé « cours du titre »

Le marché financier comprend : 

  • Le marché primaire : C’est le marché sur lequel s’effectue la première mise en vente des titres nouvellement émis.
  • Le marché secondaire : C’est la bourse des valeurs, il s’agit d’un marché de l’occasion ou l’on peut négocier les titres déjà émis.
a. Les intervenants du marché financier
  • La bourse des valeurs de Casablanca (B.V.C) :

Créée en 1929, la Bourse de Casablanca portait le nom d’Office de Compensation des Valeurs Mobilière. 

La Bourse est un marché organisé où s’effectue l’échange de valeurs mobilières. Concrètement, la Bourse met en contact les entreprises à la recherche de fonds pour financer leurs investissements et les investisseurs disposant d’un excédent d’épargne qui souhaitent le placer dans des valeurs mobilières.

Les intervenants de la BVC :

La société gestionnaire : est une société anonyme qui se charge de l’organisation et la gestion du marché boursier.

Les sociétés de bourse : ont l’exclusivité de l’intermédiation et de négociation en bourse. Elles détiennent le privilège de négocier des valeurs mobilières inscrites à la bourse des valeurs. Elles sont aujourd'hui au nombre de 17.

Les sociétés de gestion (SDG) : est toute société commerciale, qui crée et gère à titre exclusif les produits de placements dans le respect des contraintes règlementaires et légales, et des politiques d'investissement définies en interne, pour en tirer le meilleur rendement possible. Les SDG comprennent les Organismes de Placement Collectif en Valeurs Mobilières (OPCVM) ; les Organismes de Placement en Capital Risque (OPCR) ; les Fonds de Placement Collectif en Titrisation (FPCT).

Le dépositaire central (Maroclear) : il a pour mission principale : de réaliser tous actes de conservation adaptés à la nature et à la forme des titres qui lui sont confiés ; d’administrer les comptes courants de valeurs mobilières ouverts au nom de ses affiliés.

Le gendarme de la bourse (AMMC) : L’Autorité Marocaine des Marchés de Capitaux a pour fonction: la supervision, la régulation et contrôle de l’ensemble du marché des capitaux,

Les banques.

b. Le rôle du marché financier:

Mesure de la performance du marché financier : Les indices boursiers

MASI (Moroccan All Shares Index) : c’est le principal indice boursier de la BVC, il est composé de toutes les valeurs cotées sur la place casablancaise.

MADEX (Moroccan Most Active Shares Index) : c’est l’indice boursier de valeurs les plus actives sur la BVC. 

FTSE CSE Morocco 15 Index : il se compose des 15 principales valeurs de la Bourse de Casablanca. Ces valeurs sont classées selon la capitalisation boursière. Il est calculé toutes les 15 secondes. 

FTSE CSE Morocco All-Liquid : Cet indice de référence retrace la performance de toutes les valeurs liquides de la Bourse de Casablanca. Il est calculé toutes les 15 secondes.

ما يجب معرفته

Objectifs et instruments de la politique monétaire

Notion de la politique monétaire

La politique monétaire est un ensemble d'instruments dont dispose la banque centrale d'un pays pour promouvoir une croissance économique durable en contrôlant l'offre globale de monnaie disponible pour les banques du pays, ses consommateurs et ses entreprises.

Remarque : La politique monétaire consiste à contrôler la quantité de monnaie disponible dans une économie et les canaux par lesquels elle [la monnaie] est fournie.

Fondements théoriques de la politique monétaire

   Milton Friedman     John Maynard Keynes

Le courant classique et monétariste

Le courant Keynésien

- L'économie est en situation de plein-emploi ; 

- Raisonnement sur le long terme ;

- Théorie quantitative de la monnaie : la cause immédiate de l'inflation est l'accroissement anormalement rapide de la quantité de monnaie par rapport au volume de la production ;

- La monnaie et neutre : elle n'a pas à long terme d’effet réel sur l'activité économique ; 

Les classiques et les monétaristes prônent pour une politique monétaire restrictive ou de rigueur.

- L'économie est en situation de sous-emploi ; 

- Le raisonnement sur le court terme (politiques conjoncturelles) ;

- La monnaie n'est pas neutre mais influe sur l’économie réelle ;    

- L'accroissement de la masse monétaire conduira un accroissement de la demande globale et donc de l'activité économique. 

Keynes prône une politique monétaire expansionniste.

Remarque : Pour Keynes la politique monétaire se fixe comme objectif final, l'arbitrage entre inflation et chômage et retient comme objectif intermédiaire les taux d'intérêt. Keynes soutenait une politique monétaire expansionniste car à son époque il y avait une insuffisance de la demande globale (période de sous-emploi).

Les objectifs de la politique monétaire

Les objectifs intermédiaires
  • Accroissement de la masse monétaire : elle constitue l’objectif privilégié des monétaristes. L’émission de monnaie doit être limitée à une proportion fixe de la croissance du PIB ;
  • Le niveau des taux d’intérêt : c’est l’objectif intermédiaire privilégié de Keynes. Le niveau des taux d’intérêt conditionnent le niveau des investissements, ainsi que les mouvements de capitaux à court terme sur les places financières ;
  • Stabilité du taux de change : la banque centrale définit un taux de change d’équilibre et s’efforce de défendre dette parité. 
Les objectifs finals

Les objectifs finals concernent les objectifs constituant ceux du carré magique de Kaldor :

  • Le taux de croissance économique : selon Keynes, en période de récession l’accroissement de la M.M renforce stimule les investissements des entreprises. La hausse des investissements est le résultat de l’anticipation d’une hausse de la demande globale suite à l’augmentation de la M.M (principe de la demande effective), chose qui engendra par la suite la hausse de la production des entreprise et donc la croissance économique ;
  • Le taux d’inflation : lors des périodes de croissance accélérée, la politique monétaire doit permettre de limiter les tensions inflationnistes par la hausse des taux d'intérêt à la contraction de l'activité qui en résulte ;
  • Le taux de chômage : le niveau d’emploi dépend de la demande effective. La stimulation de cette demande via une politique monétaire expansive, augmente le niveau de création d’emploi et donc la réduction du taux de chômage ;
  • L’équilibre de la balance des paiements.

Les instruments de la politique monétaire

Avant d’expliciter les instruments de la politique monétaire, il est tout d’abord nécessaire de faire la différence entre les natures de politique économique :

  • La politique expansive : appelée aussi expansionniste. C’est une forme de politique macroéconomique qui vise à encourager la croissance économique. La politique expansionniste peut consister en une politique monétaire ou une politique budgétaire (ou une combinaison des deux). 

انتباه

La politique expansive est à utiliser pendant les ralentissements économiques et les récessions afin d'atténuer les effets négatifs des cycles économiques.

  • La politique restrictive : La politique monétaire restrictive est la façon dont les banques centrales ralentissent la croissance économique. Elle est dite restrictive parce que les banques limitent les liquidités. Elle réduit la quantité d'argent et de crédit que les banques peuvent prêter. 

Remarque : Une politique monétaire restrictive fait baisser la masse monétaire en rendant les prêts, et d’autres services plus chers.

Instruments à objectifs internes
a. Action sur la liquidité bancaire : Réserve monétaire

Les réserves monétaires obligatoires (RMO) : sont des dépôts non rémunérés que chaque banque doit effectuer sur son compte à la Banque centrale. Le taux de réserve obligatoire peut augmenter et limiter la création monétaire. Ce taux peut aussi diminuer et entraîner l'augmentation de la création monétaire. Il est exigé par la banque centrale afin de réguler l'offre de crédit et de garantir la stabilité des taux d'intérêt. La RMO est un instrument indispensable à la politique monétaire.   

b. Action sur le marché monétaire

Le taux directeur : est le taux d'intérêt qu'une banque centrale, telle que BAM, appliquera aux banques commerciales pour les prêts. Le taux directeur est aussi appelé taux d'intérêt bancaire. La banque centrale peut augmenter ou diminuer le taux de refinancement des banques selon qu'elle décide de diminuer ou augmenter la distribution de crédit.

Open Market : Les opérations d'open market font référence à la pratique de la banque centrale d'acheter et de vendre principalement des titres du Trésor afin de réguler l'offre de monnaie qui est en réserve dans les banques commerciales. Cette offre est ce qui est disponible pour prêter aux entreprises et aux consommateurs. Elle achète des titres du Trésor pour augmenter l'offre de monnaie et les vend pour réduire l'offre monétaire.

Remarque : Le terme Open market est utilisé pour désigner le marché sur lequel les emprunts d'État s'échangent.

Les avances de BAM : BAM refinance les banques commerciales en leur accordant des crédits à court terme garanti par des titres tels que les bons de trésor il s'agit essentiellement des : 

  • Avances à 7 jours sur appel d'offre : les banques communiquent (soumissionnent) à BAM, leurs besoins en liquidités. Ces avances constituent le principal moyen de refinancement des banques, pour injecter des liquidités et orienter le taux interbancaire vers le niveau cible.
  •  Avances à 24 heures : elles ont pour finalité de couvrir les besoins temporaires des banques en liquidité ou de garantir un minimum de rendement pour leurs excédents de fin de journée.

Les facilités de dépôts : il s’agit de la mise en place des facilités permanentes à la disposition des banques, afin de faire face à un besoin ponctuel de liquidité.

Bon à savoir : Les opérations d’open market et les avances à 7 jours sont entamées suite à l’initiative de BAM, tandis que les avances à 24 heures et les facilités de dépôts émanent de l’initiative des banques commerciales.

Les pensions livrées : est une forme d'emprunt à court terme pour les négociants en titres d'État. Dans le cas d'une pension, un négociant vend des titres d'État à des investisseurs, généralement au jour le jour, et les rachète le jour suivant à un prix légèrement supérieur. Cette petite différence de prix est le taux d'intérêt implicite au jour le jour. Les pensions sont généralement utilisées pour lever des capitaux à court terme. Elles sont également un outil courant des opérations d'open market des banques centrales.

Les swaps de change : Effectués pour des besoins de politique monétaire par voie d’appel d’offre ou de gré à gré, sont des contrats de vente ou d’achat de dirhams contre devise, assortis respectivement de clause de rachat ou de revente, à un taux de change préétabli.

Instruments à objectifs externes
a. Généralités 

Le change : c’est l’opération qui consiste à convertir une monnaie en une autre monnaie. Par exemple : 1 USD = 9.01 MAD ; 1 EUR = 1.17 USD.

Le taux de change : c’est la valeur de la monnaie d'une économie par rapport à la monnaie d'une autre économie. Par exemple : combien de dirhams marocains faut-il pour acheter un dollar ? Au 23 septembre 2021, le taux de change est de 9.01, ce qui signifie qu'il faut 9.01 dirham pour acheter 1 dollar.

Les régimes de change :

  • Régime fixe : il s’agit de la fixation d’un taux de change que la banque centrale fixe et maintient officiellement ;
  • Régime flottant : est déterminé par le marché par le biais de la confrontation entre l'offre et de la demande de la monnaie.

La parité de la monnaie : synonyme du taux de change.

La convertibilité : est la qualité qui permet à la monnaie (ou à d'autres instruments financiers) d'être convertis en d'autres réserves de valeur liquides.

b. Actions des autorités monétaires

En situation de change fixe

En situation de change flottant

Les autorités monétaires peuvent agir sur la valeur de la monnaie nationale par le biais d’une dévaluation ou d’une réévaluation.

La dévaluation consiste à baisser volontairement la valeur de la monnaie d'un pays par rapport à une autre monnaie.

La réévaluation consiste en une décision délibérée des autorités monétaires d’augmenter la valeur de la monnaie nationale par rapport à un étalon de référence (prix de l’or ou d’une devise étrangère par exemple).

Un taux flottant est souvent qualifié d'autorégulateur, car toute différence entre l'offre et la demande est automatiquement corrigée sur le marché sans intervention étatique. Cependant, la banque centrale peut également intervenir lorsque cela est nécessaire pour assurer la stabilité, notamment en cas de dépréciation ou d’appréciation monétaire (inflation).  

انتباه

il ne faut pas confondre la dévaluation avec la dépréciation et la réévaluation avec l’appréciation. La dévaluation et la réévaluation émanent des actions volontaires des autorités monétaires tandis que la dépréciation et l’appréciation monétaire résulte de phénomènes indépendants de la volonté des autorités monétaires concernées.

ما يجب معرفته


Conclusion

La monnaie affichait une place importante dans l'histoire des économies. Elle a connu plusieurs phases d'évolution et elle a toujours été un moyen indispensable à la couverture des opérations économiques, et de plus, elle a participé à la naissance de phénomènes et systèmes monétaires et économiques tels que l'inflation, les devises, les régimes de change et les politiques monétaires des économies du monde. La circulation de la monnaie dans une économie est organisée sur la base des agrégats monétaires afin d'avoir un accès statistique à la nature des formes de monnaie qui sont utilisées par les agents économiques non financiers et leur quantité. La  création monétaire est liée principalement à trois éléments : les créances sur l’économie ; les créances nettes des institutions de dépôt sur l’administration centrale ; les créances nettes des institutions de dépôt sur les non-résidents. Ainsi, le système financier d'une économie est composé de plusieurs organismes régissant les opérations financières entre les agents économique. Il s'agit principalement de la banque centrale et autres autorités monétaires et des établissements de crédit. Ces organismes participent pleinement à la politique monétaire d'un pays, qu'elle soit expansive ou restrictive dans le but de stabiliser la monnaie, stimuler la croissance économique et lutter contre les tensions inflationnistes, et ce, via des instruments à objectifs internes et autres à objectifs externe.

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