L’insuffisance de la régulation par le marché

Le Chômage

Selon l’Organisation internationale du travail (OIT) de l’ONU, la crise économique provoquée par la pandémie de COVID devrait contribuer au chômage mondial de plus de 200 millions de personnes l'année prochaine, les femmes et les jeunes travailleurs étant les plus touchés. Au Maroc, le taux de chômage a mécaniquement augmenté, comme dans tous les pays du monde, passant de 10,5 à 12,5% d’une année à l’autre, après avoir bondi à 12,3% au troisième trimestre 2020, les pires trois mois de cette crise du Covid-19.

Chercher à comprendre le phénomène du chômage comme tout autre phénomène économique et social est une chose importante pour nous les économistes. Dans le but d’aboutir à une compréhension solide en matière du phénomène du chômage, on met en avant les questions suivantes :

Qu’est-ce que le chômage ? Comment on le mesure ? Quelles sont ses causes et ses conséquences ?

Notion de chômage

تعريف

Le chômage :

Le terme "chômage" désigne une situation dans laquelle une personne qui recherche activement un emploi ne parvient pas à en trouver un. Le chômage est considéré comme une mesure clé de la santé de l'économie.

Remarque :

Un taux de chômage élevé est un signe de crise économique, tandis qu’un taux de chômage extrêmement bas peut signaler une surchauffe de l'économie.

On distingue plusieurs types de chômage :

Le chômage d’inadéquation : Il résulte d’une mauvaise correspondance entre l’offre et la demande de travail au niveau géographique et surtout au niveau des qualifications.

Remarque :

Au Maroc, ce type de chômage est important en raison de l’inadéquation entre le système éducationnel et les besoins des entreprises.

Le chômage conjoncturel : Il résulte d’un ralentissement de l’activité économique. Ce ralentissement résulte lui-même généralement à cause des difficultés économiques, de l’instabilité politique. On appelle ce type de chômage, le chômage Keynésien, en référence à l’économiste anglais J.M Keynes, pour qui l’accroissement de la demande est la seule solution pour ce type de chômage.

Le chômage structurel : C’est un chômage durable qui s’explique par des insuffisances profondes et difficiles à surmonter, telles que : une faible croissance économique, une faible industrialisation, une faible diversification de l’économie… Tout cela crée une insuffisance de création d’emploi par rapport à la croissance démographique.

Le chômage technologique : Il résulte de la substitution de la machine à l’Homme. C’est l’un des chômages importants à notre époque à cause d’un progrès technique rapide (la robotisation).

Le chômage volontaire : C’est le cas des individus qui refusent de travailler parce qu’ils considèrent que le salaire que l’on leur propose est inférieur à ce qu’ils méritent.

Il existe d’autres types de chômage, tels que :

  • Le chômage frictionnel ;
  • Le chômage d’insertion ;
  • Le chômage technique ;

Astuce :

Le chômage conjoncturel s’accompagne d’une sous-utilisation de l’équipement, alors que le chômage structurel résulte d’une insuffisance de l’équipement.

Le chômeur :

Un chômeur au sens du HCP est toute personne âgée de 15 ans et plus, qui n'a pas une activité professionnelle et qui est à la recherche d'un emploi.

 

Un chômeur au sens du BIT est une personne âgée de 15 ans ou plus :

·         sans emploi durant une semaine donnée ;

·         disponible pour travailler dans les deux semaines ;

·         qui a effectué, au cours des quatre dernières semaines, une démarche active de recherche d’emploi ou a trouvé un emploi qui commence dans les trois mois.

 

Mesure du chômage :

Taux de chômage : Selon le HCP, le taux de chômage exprime la part des chômeurs dans la population active âgée de 15 ans et plus. Ce taux est obtenu par le rapport de l'effectif de la population active non occupée (c.-à-d. les chômeurs)  à celui des actifs âgés de 15 ans et plus.

Soit :

$$ \text { Taux de chômage }=\frac{\text { Population active non occupée }}{\text { Population âgée de } 15 \text { ans et plus }} \times 100 $$

Taux d’activité : Selon le HCP, le taux d’activité indique la part des personnes actives dans la population totale. Il est calculé en rapportant l'effectif des actifs à celui de la population totale.

Soit :           

$$ \text { Taux d' activité }=\frac{\text { Population active âgée de } 15 \text { ans et plus }}{\text { Population en âge diactivité }} \times 100 $$

Les caractéristiques du chômage au Maroc

L’analyse des résultats des statistiques issues des enquêtes officielles révèle :

  • Le nombre de chômeurs au Maroc en 2020 est de 1.429.000 chômeurs avec un taux de 11.9% en 2020.
  • Le taux de chômage le plus élevé concerne particulièrement les jeunes de 15 à 24 ans, avec un taux de 31.2% en 2020.
  • Un chômage juvénile structurel qui frappe principalement les diplômés de niveau supérieur, soit 23.9% en 2020 ;
  • Le chômage touche les femmes plus que les hommes, respectivement 16.2% et 10.7% ;
  • La part des personnes en situation de chômage de longue durée (une année ou plus) est de 56.3% ;
  • La durée moyenne de chômage est de 28 mois en 2020 (de 30 mois en milieu urbain et de 21 mois en milieu rural).

Les causes du chômage 

Approche théorique

L’école néoclassique :

L'approche néoclassique de l'analyse du marché du travail est basée sur l'analyse au niveau microéconomique. Elle utilise les outils méthodologiques de la théorie microéconomique pour analyser le marché du travail, c'est-à-dire pour expliquer comment est déterminé l'équilibre entre le salaire et la quantité de travail demandée et offerte. Elle suggère que le marché du travail fonctionne comme tout autre marché dans lequel le bien est le travail, qui est considéré comme l'un des facteurs de production auxquels se réfère la théorie économique néoclassique.

Selon la théorie néoclassique, le chômage est volontaire. Les raisons de ce type de chômage, comme expliqué précédemment dans ce cours, reflètent l'incapacité du marché à fonctionner en concurrence parfaite, soit parce qu'il existe des tendances monopolistiques sur le marché du travail, soit parce que les travailleurs disposent d'informations incomplètes sur les postes vacants. Par conséquent, l'inflexibilité de la fixation des salaires à la baisse et le manque d'information conduisent à un équilibre instable du marché du travail, c'est-à-dire à un chômage permanent. La solution préconisée par la théorie néoclassique est la création de conditions permettant l'existence d'une concurrence parfaite, qui permettra au mécanisme des prix et des salaires d'amener le marché à l'équilibre et d'éliminer le chômage.

L’école Keynésienne :

L'économie keynésienne se concentre sur les solutions à apporter aux périodes de récession par le biais de la demande. L'intervention de l’État dans les processus économiques est une partie importante de la pensée keynésienne pour lutter contre le chômage, le sous-emploi et la faible demande économique. L'accent mis sur l'intervention directe de l’État dans l'économie place souvent les théoriciens keynésiens en désaccord avec ceux qui plaident pour une implication limitée du gouvernement dans les marchés (les libéraux, dont les classiques et les néoclassiques).

J.M. Keynes pensait que le chômage était causé par un manque de dépenses dans une économie, ce qui diminuait la demande globale. Les baisses continues des dépenses pendant une récession entraînent d'autres baisses de la demande, qui à leur tour incitent à des taux de chômage plus élevés, ce qui entraîne encore moins de dépenses, car le nombre de chômeurs augmente.

Le chômage, phénomène complexe

État de la conjoncture nationale et internationale

  • Le ralentissement de la croissance économique : affaiblissement de la croissance et de la demande globale

Le ralentissement conjoncturel de la croissance est un facteur essentiel, expliquant la chute des offres d'emploi des entreprises :

Baisse de la demande → baisse de la production → baisse de la croissance → baisse de la création d'emploi.

La crise économique provoque une baisse de la demande en réduisant les revenus distribués. Cette crise des débouchées fait stagner la production et engendre du chômage.

  • La faiblesse des investissements et la baisse de la demande intérieure :

La faible demande intérieure (due au tassement des revenus réels) et la stagnation des investissements (due à l'augmentation des taux d'intérêts réels) expliquent l'augmentation du taux de chômage.

  • L'interdépendance entre économies :

Les crises qui affectent certaines régions du reste du monde (guerres, catastrophes naturelles...) peuvent avoir des conséquences négatives sur certains secteurs d'activité de l'économie nationale créateurs d'emploi (tourisme, artisanat,...) dans la mesure où elles provoquent un ralentissement de l'activité économique (baisse de la croissance, diminution des exportations,...) ce qui se traduit par une baisse du niveau d'emploi.

Substitution du capital au travail (chômage technologique)

  • La faible rentabilité du travail :

La montée rapide des salaires et des charges sociales (cotisations) d'un côté et la baisse du coût du capital d'un autre côté ont amené les entreprises à remplacer l'homme par la machine et contribuant ainsi au chômage.

  • Accélération du progrès technique et de la robotisation :

Le recours aux nouvelles technologies est source de suppression d'emplois dans quelques secteurs (notamment les industries lourdes...). En effet, l'introduction de technologies nouvelles (de production et d'organisation du travail) génère une baisse de la demande de main d'œuvre. Toutefois, l'histoire du monde industrialisé a démontré que l'introduction de la nouvelle technologie s'est toujours traduite dans un premier temps (à court terme) par du chômage (employés non qualifiés) et ensuite par une demande accrue de main d’œuvre surtout qualifiée.

Pression démographique

Augmentation de la population active :

  • Il s’agit du décalage entre les départs en retraite (peu nombreux) et les jeunes qui affluent en masse sur le marché de l'emploi ;
  • Les femmes sont de plus en plus nombreuses à désirer ou à pouvoir occuper un emploi ;
  • Une population active abondante → un taux de chômage élevé.

Délocalisations, restructurations industrielles

Les pays en développement (PED) et notamment les nouveaux pays industrialisée (NP) contribuent à l’aide de coûts de production tr4 faibles à rendre la concurrence rude dans certains secteurs d'activité (textile, informatique...). En outre, les entreprises des pays développés choisissent parfois de délocaliser leur production ou leur gestion dans des pays à coût faible de main-d’œuvre.

Délocalisations d'entreprise : les entreprises se déplacent des pays développés dans des pays à bas salaire (en particulier pour la production nécessitant beaucoup de main d'œuvre peu qualifiée.

Concurrence internationale :

  • Adaptation de l'appareil de production aux nouvelles conditions de production et de concurrence ;
  • Investissement de modernisation, investissement de productivité ;
  • Délocalisation ;
  • Restructuration industrielle ;
  • Croissance intensive : productivité.

 

 

Inadéquation formation-emploi

Les formations et les qualifications acquises par les personnes à la recherche d’emploi (demande d’emploi) ne répondent pas toujours aux besoins des entreprises (offre de d’emploi).

L'histoire a montré que les gains de productivité proviennent essentiellement du degré de qualification d. travailleurs (niveau d'instruction, l'attitude au travail, l'expérience pratique...). Or, ces qualifications de la main-d’œuvre sur le marché du travail sont soit rares (pénurie de main-d’œuvre), soit inadaptées aux besoins des employeurs.

Le problème de qualification :

  • L'appareil de formation n'est pas toujours adapté aux besoins de l'économie ;
  • Système trop centré sur l'enseignement général ;
  • Les professions ne cessent de se transformer et de modifier les qualifications.

Les conséquences du chômage

Les conséquences sur plan individuel

Les coûts du chômage pour l'individu ne sont pas difficiles à imaginer. Lorsqu'une personne perd son emploi, il y a souvent un impact immédiat sur son niveau de vie. On distingue :

  • Des sentiments de privations difficiles et une baisse de son niveau de logement, d'alimentation, d'habillement et de soins de santé ;
  • Le chômage est à l'origine de certaines formes de maladies mentales, comme la dépression ;
  • Le chômage peut également contribuer à accroître les disparités en fonction du lieu de résidence (les zones à faible niveau socioéconomique par rapport aux zones à fort niveau socioéconomique) ;
  • Le chômage prolongé (de longue durée) peut entraîner une érosion des compétences, privant ainsi l'économie de talents qui lui seraient utiles.

Les conséquences sur le plan socio-économique global

Les conséquences socio-économiques du chômage sont probablement plus évidentes lorsqu'on les examine à travers le prisme de l'économie nationale. On distingue :

  • Le prix payé par la société est l'augmentation des dépenses de soutien du revenu, de santé et de soutien communautaire ;
  • La réduction du capital humain et de la productivité ;
  • D’un point de vue Keynésien, le chômage affaiblit la demande globale, chose qui entraînera une baisse de la croissance économique en raison d’une offre globale insatisfaite (cela décourage les investissements) ;
  • Dans certains pays versant des indemnités de chômage, un taux de chômage élevé entraîne une hausse des dépenses des gouvernements au détriment des autres dépenses étatiques (impact négatif sur la trésorerie nationale) ;
  • Le chômage encourage la fuite des cerveaux (réduction du capital humain qualifié).

ما يجب معرفته

Conclusion

Le chômage est un indicateur économique clé car il signale la capacité (ou l'incapacité) des travailleurs à obtenir facilement un emploi rémunéré pour contribuer à la production de l'économie.

Un faible taux de chômage signifie que l'économie est plus susceptible de produire près de sa pleine capacité, ce qui maximise la production, stimule la croissance des salaires et augmente le niveau de vie au fil du temps. Cependant, un taux de chômage extrêmement bas peut également être un signe de surchauffe de l'économie, de pressions inflationnistes et de conditions difficiles pour les entreprises qui ont besoin de travailleurs supplémentaires, d’où la nécessité de l’intervention de l’État pour rétablir l’équilibre ou en moins atténuer les conséquences négatifs et ce par la mise en places des politiques économiques appropriées.

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